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Dimanche 14 Mai 1995 : Boucles supersoniques au départ de Nantes

 

Bienvenue à Nantes, nous sommes le 14 mai 1995, vous êtes invités à partager la boucle supersonique de François Sauget à bord de Concorde.

 

Toutes les photos à suivre sont la propriété de François Sauget, je le remercie très vivement pour son autorisation de diffusion ici.

D'un commun accord nous avons jugé intéressant de nous compléter mutuellement, afin de partager au plus grand nombre cette journée extrêmement sympathique.

 

En 1995, sur l'aéroport de Nantes trônait déjà le superbe Super Constellation : il changera par la suite plusieurs fois de lieux de présentation, tout comme de lieux de restauration.

Pour ceux connaissant bien l'aéroport, à cette date précise le Super Constellation se trouvait au niveau du premier gros rond-point (en venant de Nantes) desservant les parkings, non loin de l'accès aux aéroclubs.

 

D'autres informations à son sujet sur le très bon site de l'Amical du Super Constellation : http://superconstellation-nantes.fr/

 

Je recommande bien évidemment la visite, toujours possible, de cet avion.

 

Super Constellation

 

Super Constellation

 

L'inoubliable expérience Concorde commença donc via ce prospectus publicitaire et les 2 choix suivants possibles : "J'en serai, ou je n'en serai pas ?".

 

Boucle supersonique

 

Prospectus auquel on peut ajouter, le livret de bord et les consignes de sécurité..

 

Boucle supersonique

 

Ce dimanche 14 mai 1995, le public nombreux avait répondu présent, quelques autres avions (en plus de Concorde) avaient fait aussi le déplacement.

Jetons un large coup d'œil depuis l'aérogare de Nantes.

Au premier plan le B737 régulier de chez TUNISAIR et juste derrière le Beluga aux anciennes couleurs d'Airbus : on devine déjà la très longue file d'attente pour le visiter, mais nous reviendrons sur cela plus en détail un peu plus loin.

A gauche, l'invité de prestige : notre beau Concorde immatriculé F-BVFF.

 

Concorde

 

Précisons dès maintenant que notre passager du jour François Sauget devait voler sur l'unique boucle supersonique prévue pour cette journée du dimanche.

Mais du fait du grand succès, un second vol fut programmé, ce qui lui valut d'être déplacé sur ce second vol et à une place à bord nettement plus intéressante, place 01A, hum on peut difficilement être plus en avant !

Ce bon placement en cabine offrira par la même occasion quelques bonus, il en sera question plus loin.

 

Boucle supersonique

 

Voici ici nos tout premiers passagers au retour de la première boucle supersonique.

La foule en arrière-plan venue très nombreuse profite aussi de cette réelle proximité, on devine à peine la barrière de sécurité, les temps ont vraiment changé…

 

Concorde

 

Tenez en parlant de proximité, sur la photo suivante, on peut dire que François a eu cette grande chance de voir l'avion sous toutes ses coutures et de très près.

 

Concorde

 

Un vrai amphi sous l'avion en somme, en attendant l'embarquement pour le deuxième vol.

Il entendra parler par exemple de cette procédure particulière de « déballourdage » des réacteurs Olympus 593.

A l'arrêt d'un réacteur Olympus 593, le refroidissement de l'ensemble réacteur n'est pas systématiquement homogène.

L'importante longueur d'un réacteur Olympus amène une certaine torsion possible des arbres.

Afin de permettre le redressement des arbres par une montée en température la plus uniforme possible au démarrage suivant, il faut donc faire tourner le réacteur à un régime de sous-ralenti, dit le déballourdage.

Le non respect de cette procédure peut occasionner des frottements temporaires des ailettes sur le carter et de possibles dommages.

 

Cette visite prolongée sous ou auprès de l'avion pour tous les passagers de ce second vol sera un réel plus.

A droite la personne en rouge en charge de la passerelle d'accès.

Devant à gauche, on remarquera ce câble qui « pendouille » et qui sert à l'alimentation électrique de Concorde.

L'avion ne disposant pas d'APU, tant qu'aucun réacteur ne fonctionne il n'est donc pas autonome pour l'électricité, encore une spécificité de Concorde.

 

En parlant de réacteurs, le gros tuyau à droite raccordé à l'une des nacelles sous l'aile sert justement à démarrer les 2 réacteurs situés de ce côté.

Il alimente en air sous pression le "Airstarter" de chaque réacteur Olympus 593.

Ici on voit le technicien en charge de surveiller du sol la bonne mise en route des réacteurs.

 

Concorde

 

Pour mettre en route un réacteur nul besoin de petite échelle pour amener ce dont Concorde a besoin, pour les pleins, c'est une toute autre histoire.

 

Et maintenant si nous passions à bord ?

Comme vous pouvez le constater, l'accès à bord ici se fait via une passerelle extérieure. (Air Inter : vestige du passé !)

Il ne s'agit pas de ces rampes d'accès modernes et totalement fermées qui directement vous acheminent de l'aérogare à l'avion.

Pour gagner du temps et rester au sec les jours de pluie ce serait parfait, mais pour une journée comme celle d'aujourd'hui où l'on a très envie de prendre son temps afin de tout voir et photographier, forcément on y gagne.

Bref ici nos passagers accèdent au top par les marches, constatant par la même occasion que le volatile est très fin mais aussi bien haut sur pattes.

 

Concorde

 

Accès à bord imminent…

Petit coup d'œil vers l'arrière de l'avion du haut de la passerelle ouverte, vue sur les courbes magnifiques de l'aile.

 

Concorde

 

Autre petit coup d'œil vers l'avant, histoire de ne pas rater le superbe nez de l'oiseau en position haute et la visière restée en position basse.

Ne devait pas faire trop chaud dehors, le hublot latéral CMD étant resté fermé !

 

Concorde

 

 

Tenez, on remarque aussi l'apparition du petit tracteur bleu (pousseur) sous le nez qui va procéder au « push » de l'avion.

 

Assez parlé, entrons.

 

Concorde

 

Pour ceux qui ont de très bons yeux, à bord du cockpit maintenant on lit tout à gauche le code AKHJ, code Selcal du Concorde F-BVFF, serial 209.

A gauche toujours, une carte de vol, une check-list devant les 4 commandes de gaz, et les paramètres du vol sur une autre feuille.

Les CDU Litton sont allumées (ancienne génération de centrales inertielles) avec les points de navigation entrées, les fréquences 115.50 sélectionnées sont propres au VOR de Nantes.

Croyez-moi sur parole, j'ai fait des grossissements un peu partout et sur toutes les photos !

L'avion est au sol l'indicateur de centrage se situe aux environs de 53% de Co, on en reparlera plus tard en vol à Mach 2.

 

Passons à la présentation de l'équipage au complet pour ce vol AF4806.

 

Equipage Concorde

 

(Sources : lesvolsdeconcorde.com)

 

CMD : HETRU Claude

Copilote : MAUROY Guy

OMN : PELLERIN Guy

 

Chef de cabine : BESSIERE Sylviane

Hôtesses : AYMERICH Nelly, GAMBOTTO Italia, VELASCO Rachel

Stewards : CAUCHIE José, GAMBINI Pierre

 

Les données du vol à venir seront les suivantes :

 

Départ bloc : 15h04

Décollage : 15h14

Atterrissage : 16h03

Retour bloc : 16h17

Temps bloc : 1h13

Temps de vol : 00h49

Durée supersonique : 0h20

 

Ajoutons que le décollage (avec les bonnes conditions du jour) se fera en piste 21, avec la ville de Nantes dans le dos pour un départ direct vers l'Océan Atlantique.

Et le retour, sur la piste 031 avec survol du lac de Grand-Lieu en longue finale.

 

Sur la photo suivante (très intéressante, une de plus) on notera sur l'ICOVOL tous les élevons en position basse, preuve que la mise en route n'est pas encore initiée et que l'équipage reste donc encore en mode décontracté !

 

Concorde

 

Pour les spécialistes, le frein de parc (voyant illuminé en mode autre que normal, levier tiré) est confirmé serré, ce qui à ce stade semble plutôt logique !

 

Sur cette autre vue du cockpit, on distingue maintenant beaucoup mieux le pupitre OMN et son immense poste de travail : des sélecteurs, des voyants et des indicateurs un peu partout..

 

Concorde

 

L'OMN s'active déjà, consultant ses chiffres pour la préparation de l'avion en vue de la mise en route.

 

Bien, il va falloir aller s'asseoir en cabine…

L'équipage n'est pas encore « ceinturé » mais ça ne devrait plus trop tarder.

 

Concorde

 

 

Photo suivante : aperçu de la queue de la foule des visiteurs venus visiter le Beluga et admirer Concorde.

Nous avions évoqué ce point en introduction.

J'ai souvenir d'une photo originale d'un spotter de Nantes montrant la file d'attente qui devait bien faire au moins 4 à 5 fois la longueur de l'avion...

 

Beluga Concorde

 

Bien, passons directement à la séquence en vol.

Petite devinette : que remarquez-vous sur cette photo prise en cabine ?

 

Concorde

 

...pas grand-chose, sinon quelques vestes sur cintres, des pieds de passagers, quelques revues, une cloison, un machmètre et un rideau propre.

 

Mais non, cherchez mieux, je vous assure il y a nettement plus intéressant !

Allez, tenez on vous aide un peu sur cette autre photo, toujours la « même » d'ailleurs.

Que remarquez-vous de particulier maintenant ?

 

Concorde

Le rideau qui pendait de travers tout à l'heure est désormais bien vertical.

Eh oui, vous vous trouvez actuellement à l'assiette de décollage de Concorde !

Notre passager du jour étant placé à l'avant de l'avion, je peux vous assurer que s'il lui était venu l'idée de passer la tête par le couloir central pour observer les passagers du fond, il aurait de suite eu la nette impression qu'ils se trouvent bien bas ! (De l'ordre de 8 mètres... )

Réciproque également tout aussi vraie.

 

Le temps de roulage durant l'accélération (puisque l'avion était peu chargé en kérosène) durera moins de 20 secondes depuis le lâcher des freins, et dès que l'avion quittera le sol il avoisinera les 400 km/h.

Grosso modo et pour simplifier, l'appareil prendra 20 km/h de plus, pour chaque seconde qui passera…

 

Une fois en l'air le supersonique partira très vite en montée côtoyer une vitesse proche de Mach 1, sans pour autant la dépasser, marge sécuritaire oblige (pas pour l'avion nécessairement d'ailleurs), parce que les vitres en dessous ou certains riverains ne le supporteraient certainement pas…

En effet nous sommes encore bien trop près des côtes.

 

2 photos à suivre sur la bonne ambiance à bord, les appareils photos ne chômeront pas.

 

Concorde

 

Concorde

 

Vient l'instant qu'on ne revivra pas de sitôt, Concorde vole désormais à plus de 2 fois la vitesse du son.

Mach 2.03 lu sur le machmètre cabine, pas mal du tout, même un peu plus en lecture que la moyenne habituelle.

 

Concorde

 

L'avantage de se trouver en place avant, pas bien loin du cockpit donc, est surtout que l'on va profiter très vite du gros bonus à venir.

De nombreux passagers situés en places arrière n'auront hélas pas cette chance de pouvoir accéder au cockpit, faute de temps.

 

Allons-y, accédons…

 

Concorde

 

Ici le Concorde est en croisière et en virage continu à 30° d'inclinaison. (On le remarque par lecture sur l'ADI du CMD ou sur l'horizon artificiel secours)

S'il n'y avait pas la vue dehors personne ne se rendrait compte de rien, la bille tenue parfaitement au milieu, donc sans aucune sensation particulière pour le passager de voler de manière inclinée.

 

Sur l'altimètre on lit : 52.300 pieds (20.000 pieds de plus que pour n'importe quel autre liner), vario positif à plus de 500 ft/minute, bref on est déjà très haut et ça continue de grimper !

L'aiguille blanche de l'anémomètre à ce stade du vol est collée depuis bien longtemps à l'autre aiguille de vitesse maxi autorisée du moment.

 

De toutes les manières et comme toujours avec Concorde, on vole à la performance maximale.

 

Concorde

 

Auto throttle (AT2) et pilote automatique (AP2) activés, à priori c'est le copi qui mène la manœuvre.

 

Au sol, souvenez-vous, le centrage était à 53%.

Nous sommes à Mach2, l'équipage a fait le nécessaire pour centrer l'avion plus arrière en transférant du carburant, (bien plus que pour n'importe quel autre liner) on lit d'ailleurs 58% désormais.

Dès que l'avion sera amené à ralentir, il faudra à nouveau transférer du carburant, mais vers l'avant cette fois, ceci pour rester dans les limites autorisées de centrage et en accord toujours avec la vitesse du moment.

.

Mais regardons encore de plus près.

Sélections INS côté CMD comme chez le Copi, Mach Hold à l'Autothrottle, HDG Hold, Max Climb, Max Cruise activés, qui confirment bien que l'avion va encore continuer de grimper et d'accélérer jusqu'au maximum possible.

115.50 d'affichés à droite, nous sommes toujours sur le VOR de Nantes.

Mais à ce moment du vol et à cette vitesse et altitude surtout, inutile de préciser que la ville doit se trouver bien loin, puisque l'on continue toujours d'avancer de 600 mètres pour chaque seconde qui passe, ceci dit, le retour est déjà initié !

 

 

Concorde

 

Les carrément fondus de techniques auront remarqué que bien que les 2 inverseurs VOR/INS se trouvent en position INS, le pavé lumineux INS du PA est lui par contre bien éteint, laissant à penser que la tenue de virage actuellement se fait au "Datum Adjust".

 

Ci-dessous, une toute petite dernière photo sur le concerto à 6 mains, juste avant de rejoindre sa place en cabine.

François Sauget me dira : « …lorsque j'ai regagné ma place, le couloir était rempli de monde (en attente de visite cockpit!) »

 

Concorde

 

Et le spectacle continue.

En regardant cette ombre projetée au sol par le hublot passager, nul doute possible, on vole bien sur Concorde.

J'avoue que j'aime particulièrement bien cette photo.

 

Concorde

 

 

Le vol étant commenté, il fut par exemple énoncé les transferts de carburant, François se rappelle avoir entendu des bruits de pompes, mais d'une manière très discrète.

« L'approche du terrain fut rapide et la descente en plusieurs niveaux, toucher du train principal assez vif, freinage très énergique, avec contre poussée des réacteurs sur la moitié du roulage.»

 

«Les virages n'ont pas été ressentis sauf ceux de l'approche finale. »

Comme nous le disions plus haut, bille au milieu en croisière, on ne se rend compte absolument de rien et en avant le confort absolu à très grande vitesse sur Concorde.

 

La courbure de la Terre et le bleu très foncé : commencement de l'Espace, furent également observés.

Ici la côte se profile, ça sent la fin du vol…

 

Concorde

 

Et déjà le vol s'achève, la cabine s'est vidée, pas vraiment envie de sortir !

Concorde

 

Photo de groupe au pied de l'avion.

Concorde

 

Un Concorde, beau sous tous ses angles.

Concorde

 

Concorde

 

Et on termine bien évidemment avec notre passager très heureux (on le comprend) qui pose devant le bel oiseau blanc.

Concorde

 

Tous mes remerciements les plus fournis une nouvelles fois à François Sauget pour cette possible mise en ligne sur ce site internet.

Il nous permet de nous remémorer ce bon souvenir du passage de Concorde F-BVFF à Nantes en 1995.

Rappelons aussi que de nombreux éléments importants du bel avion furent fabriqués en ce même lieu à Bouguenais.

 

François

 

Note importante : Pour cet évènement public je m'engage à retirer immédiatement les photos de toute personne ne souhaitant pas figurer sur mon site internet et sur simple demande.

 

30/03/2015

 

 

Journal publié à l'occasion des festivités sur l'Aéroport de Nantes

 

Boucle supersonique

 

Boucle supersonique

 

 

 

Boucles supersoniques au départ de Nantes, suite, mais cette fois vues par Jérome PINCON. Cliquez ici

 

Dernière mise à jour le 06/07/2016

 

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